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endant
ce temps, un homme allait marquer de son empreinte le monde du
commerce et de l'industrie naissante en France : Jacques Cur.
Ce commerçant avisé avait su profiter de la présence
du roi à Bourges pour
se mettre à son service. Il saura tellement bien gérer
ses propres affaires qu'il recevra des charges importantes touchant
aux finances du royaume.
Réussissant
dans toutes ses entreprises, inventant avant la lettre la société
anonyme et la société en commandite, Jacques Cur
deviendra le grand argentier du régime et laissera son
nom dans de nombreux monuments attachés au pèlerinage
de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Il
réorganisera les échanges et aura jusqu'à
sa propre flotte commerciale. Sachant s'entourer et déléguer
à bon escient, il reconstruira à partir de Bourges
un empire comparable, bien que loin de l'égaler, à
celui du Temple deux siècles plus tôt. C'est lui
qui financera en grande partie la reconquête du royaume
par Charles VII après la fin tragique de Jehanne d'Arc,
et la reconstruction de nombreuses églises, notamment sur
les chemins de Compostelle.
Simple
pelletier au début de sa vie, il sera anobli par le roi
en 1441. Mais il est dangereux de devenir grand sans être
né tel, surtout quand le pouvoir économique que
l'on détient fait des envieux : il sera brutalement arrêté
pour crime de lèse-majesté en 1451. Après
son procès et sa condamnation en mai 1453, il réussira
à s'évader avec une grande facilité (avec
quelle complicité ? car il s'agit tout de même des
prisons du roi !...) et trouvera refuge auprès du pape
qui en fera son ambassadeur. Ses biens immenses tombèrent
dans le trésor royal !...
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