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vignobles ligériens fort anciens connaîtront au cours
du XVIIe siècle une double évolution. Ceux de l'Orléanais
et du Blésois verront abandonner peu à peu la qualité
au profit de la quantité, sans doute la conséquence
du départ de la cour, tandis que ceux de Vouvray, de Saumur
ou d'Anjou conservent leur qualité et se classent parmi
les meilleurs (ce à quoi ils peuvent toujours prétendre
aujourd'hui).
On
les transporte toujours par bateaux sur la Loire, laquelle voit
son trafic marchand augmenter considérablement : laines,
coton, vins, alcools, denrées diverses, s'accumulent sur
les quais d'Orléans. On y raffine le sucre le plus estimé
de France, provenant des Antilles. On y fabrique des cuirs, des
draps, des couvertures. Depuis longtemps déjà, avec
tous ces vins mis à quai, la vinaigrerie a été
une activité orléanaise. On la voit se développer
fortement et de grandes maisons vont y faire connaître leurs
labels.
Afin
de faciliter les échanges avec le nord et l'est du pays,
on inaugurera, en 1642, le canal de Briare
commencé sous Henri IV. On complétera par celui
d'Orléans au Loing. Le ministre Colbert
fait élargir et surélever les levées de la
Loire, pour parer aux crues qui perturbent la navigation et causent
de nombreux dégâts aux récoltes.
Des
coches d'eau sont en service régulier sur la Loire. En
1675, Madame de Sévigné,
connue plus tard par son abondante correspondance, en prendra
un pour se rendre d'Orléans à Nantes. Jean
de la Fontaine le fabuliste, en utilisera
également.
Notre
Roi-Soleil brille de tout son éclat à Versailles.
La cour est définitivement installée dans "l'Ile
de France", et ne reviendra en pays de Loire que pour quelques
repos champêtres de l'un ou l'autre de ces courtisans.
Des
routes dites "routes royales", traversent la région. Celles
de Paris, de Chartres, de Bordeaux, de Rouen ou de Toulouse sont
partiellement pavées et à peu près entretenues.
Les chemins de bourg à bourg sont moins praticables et
les pouvoirs publics représentés par les "Ponts
et Chaussées" et les Intendants feront un effort méritoire
sous le règne de Louis XV pour y
remédier.
A
partir de 1732, la "rue Royale" d'Orléans sera percée,
le vieux quartier bouleversé verra construire dans son
prolongement le pont "Georges V" qui remplacera le vieux pont
médiéval. Dans la même période sont
reconstruits également les ponts de Blois et Saumur.
A
Tours, l'intendant Lescalopier conçoit
l'aménagement de la traversée nord-sud et la complète
par un pont sur la Loire. En 1760, une nouvelle route allant d'Orléans
à Blois et à Tours est créée
sur la rive droite de la Loire, à la demande de la favorite
du roi, la Marquise de Pompadour, qui
vient d'acquérir le domaine du château de Ménars.
C'est
l'époque des frivolités et des caprices de courtisanes,
mais aussi, le siècle des lumières : Ce XVIIIe siècle
verra se multiplier les manifestations d'une vie intellectuelle
collective. Une académie avait été créée
à Angers, en 1685, une autre le sera à Orléans
en 1725. Montesquieu publiera l'Esprit
des Lois en 1748; Buffon son premier volume
d'Histoire Naturelle en 1749; Diderot le
premier volume de l'Encyclopédie en 1751; J-J.
Rousseau,
le Contrat Social, le Discours sur les Sciences et les Arts
en 1750, et le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité
en 1755; et Voltaire,
son Essai sur les Murs en 1756 et son Traité
sur la Tolérance.
Cette
véritable fermentation intellectuelle ne fera que croître
avec la mise en place, en 1787, des assemblées provinciales
dans chacune des quatre provinces de la région, et avec
la préparation à partir de septembre 1788, des élections
en vue des États Généraux.
Depuis
le règne du "Roi-Soleil", Versailles
est le centre de l'univers. Dans le monde entier, les lettrés,
les diplomates, les souverains, toutes les cours d'Europe, tous
les gens d'un peu de culture parlent le français.
La
France dispose de nombreuses colonies outre-mer, de comptoirs
aux Indes, grâce à Dupleix,
d'immenses territoires sur le continent américain (Louisiane,
Québec), d'îles tropicales produisant du rhum, du
café, du sucre, du chocolat, (etc...), tous produits qui
remontent par la Loire jusqu'à nos régions. Orléans
est à cette époque un grand centre de raffinage
du sucre de canne.
C'est
le temps des grandes compagnies commerciales : la Compagnie des
Indes, la Compagnie du Levant, mises
en place par Colbert, sont en concurrence sévère
avec les compagnies rivales de l'Empire Britannique qui se constitue
lentement.
Les
ports français de l'Atlantique deviennent des places internationales
où se traitent et s'entreposent tous les grands produits
coloniaux. Ils exportent beaucoup de produits manufacturés
et tissus, mais aussi énormément de denrées
alimentaires à destination des îles. Nantes traitera
aussi des humains à destination des plantations de l'Amérique
ou de Saint-Domingue.
Ce
"négoce" est si répandu que Louis XV promulguera
le fameux "Code Noir",
réglementant le trafic d'humains comme s'il s'agissait
de denrées périssables .
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