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lignée des Valois s'est éteinte sous le couteau
du moine Clément avec Henri III.
Son frère cadet, François, duc d'Alençon
et d'Anjou est mort cinq ans plus tôt. L'ordre de succession
selon la vieille loi salique (héritée des Francs
saliens, c'est-à-dire de Clovis) désigne le plus
proche héritier mâle dans la famille des Bourbon-Vendôme.
C'est le jeune Henri de Navarre,
fils d'Antoine de Bourbon-Vendôme et de Jeanne d'Albret,
reine de Navarre. Or, Henri de Navarre est huguenot !...
Qu'importe
! La paix du royaume réclamait une personnalité et
un geste exceptionnels. Certains modérés influent
sur le cours des choses. Sur les recommandations de Maximilien
de Béthune, duc de Sully et protestant
convaincu, on lui fera dire : « Paris vaut bien une messe
! ». Finalement, Henri se décide à abjurer
et se fait sacrer à Chartres en 1594.
Henri
IV reprendra peu à peu les places huguenotes. Mais il n'oublie
pas qu'il a été huguenot lui-même et sait
remettre de l'ordre autant d'un côté que de l'autre
en reprenant énergiquement son duché de Vendôme
qui était tombé entre les mains de la Ligue. Il
le rattachera à la couronne pour quelques années
avant que de le donner à son bâtard légitimé,
César de Vendôme, qu'il
avait eu avec Gabrielle d'Estrées.
L'édit
de Nantes insérera une trève dans cette grave
discorde civile. Il n'accordera aux protestants que de médiocres
places dans la région orléanaise : Jargeau, Châteaurenard,
Sully. Ce n'est pas tout-à-fait l'apaisement des esprits
mais c'est la fin au moins provisoire, des tueries et de l'anarchie.
L'année
1600 voit l'ouverture d'une académie protestante à
Saumur. En 1603, on fondera le collège de Jésuites
de La Flèche, et 1607 marquera le début des travaux
de reconstruction de la cathédrale Sainte-Croix
d'Orléans. Après quarante ans de guerre civile,
de haine et de meurtres, le peuple de France va pouvoir à
nouveau espérer la paix. Sous l'impulsion de Sully, on
relache un peu la pression fiscale, on encourage des techniques
nouvelles ou l'adaptation de savoir faire étrangers comme
l'élevage de vers à soie, on entame des grands travaux
comme le canal de
Briare, les tapisseries d'Aubusson, la construction de routes
royales bordées d'ormes, de ponts un peu partout, et on
supprime les octrois, les péages, bref les entraves au
commerce et au développement.
Mais
le feu couve toujours sous la cendre... La paix des consciences
catholiques et troublée par l'alliance protestante et par
la lutte contre l'Espagne très catholique. La guerre est
inévitable au moment ou un nommé Ravaillac
va, encore une fois, porter un coup de dague mortel.
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Avec
l'avènement de Louis XIII, et surtout
la tenue des rênes du pouvoir par le Cardinal de Richelieu,
commence à se dessiner une armature provinciale d'un modèle
administratif plus centralisateur à travers l'institution
des Intendants.
Encore
très solides au temps de Henri IV, les liens féodaux
d'homme à homme vont perdre peu à peu une partie
de leur importance, mais le régime seigneurial reste vivant
et laïques ou ecclésiastiques, nobles et bourgeois
entendent bien ne rien abandonner de leurs droits et privilèges.
On
assistera à quelques sursauts du régime féodal
auxquels seront mêlés quelques princes apanagés
comme César, duc de Vendôme et d'Étampes,
ou Gaston, frère de Louis
XIII, en faveur de qui l'apanage d'Orléans a été
reconstitué en 1626, et une petite guerre des châteaux
et des places fortes aura lieu qui sera le prétexte donné
à Richelieu pour en faire démanteler quelques-uns.On
n'oublie pas le rôle qu'ils ont joué dans la réforme.
Châteaurenard ou Châtillon-Coligny seront de ceux-là.
Dommage pour les touristes des siècles prochains !
Le
pouvoir devient de plus en plus royal et administratif, au travers
des gouverneurs de provinces en principe, des intendants dans
la pratique. Ceux-ci sont restés très mobiles dans
la première moitié du siècle, ne gardant
un même poste que huit à dix ans. Ils vont peu à
peu se sédentariser et resteront jusqu'à vingt ou
vingt-cinq ans en place sous Louis XIV, préfigurant ainsi
l'inamovibilité des fonctionnaires de l'administration
dans les siècles à venir. A Orléans, ils
résident à l'hôtel Groslot
ou à l'hôtel de l'Étape. Certains marqueront
plus que d'autres leur passage dans la ville, comme Jean-Jacques
Charron, beau-frère de Colbert,
ou Louis Bazin de Bezons, protégé
de Louvois.
La
reprise du catholicisme est marquée, au lendemain des guerres
religieuses, par la reconstruction des églises dévastées
et par l'installation de congrégations nouvelles. Pierre
Fougeu d'Escures patronne à Orléans
l'installation de la Compagnie de Jésus (Jésuites).
Les abbayes bénédictines de Saint-Benoît sur
Loire, Saint-Laumer de Blois, Saint-Père de Chartres, la
Trinité de Vendôme, ou Pontlevoy se réforment
et entrent finalement dans la congrégation de Saint-Maur.
Blois accueille les Jésuites, Vendôme les Oratoriens.
Cette
renaissance catholique militante ne va pas sans heurts, pourtant,
le climat reste calme dans les premières années
du règne de Louis XIV, celui que
l'on surnommera "Le Roi-Soleil".
Le
cardinal de Richelieu devient abbé de Marmoutier et met
également ce monastère sous l'observance de la règle
de Saint-Maur.
Pragmatique en diable, l'homme en rouge n'hésite pas à
manier le paradoxe, pratiquant à l'extérieur une
politique de soutien aux protestants pour mieux résister
à la pression de la puissante maison des Habsbourg
et de l'Empire d'Autriche, pendant que, dans le même
temps, il bloque le port de La Rochelle, place forte des huguenots
français, empêchant leur ravitaillement par les navires
anglais. Il finira par imposer la paix avec les protestants français
mais en leur retirant nombre d'avantages politiques et militaires
accordés aux réformés par l'édit de
Nantes.
Richelieu
s'occupe aussi de la marine, fonde une compagnie de navigation
qui aura le monopole des fourrures, et encourage la colonisation
de la "Nouvelle France" découverte quelques temps plus
tôt par Jacques Cartier en
remontant le Saint-Laurent. Quelques milliers de français,
dont beaucoup originaires de Touraine, iront, dans ce siècle,
s'installer dans ce qui deviendra le "Québec".
Le
cardinal Mazarin, successeur de Richelieu,
mettra lentement en place des mesures qui vont aggraver la tension
et qui finiront, s'ajoutant à la révocation de l'édit
de Nantes, par excéder les
populations protestantes.
La
vie devient impossible aux protestants français. Leurs
droits sont bafoués, ils sont brimés, spoliés,
persécutés par les représentants de l'état
(L'état, c'est moi, aurait dit Louis XIV). Certains intendants
comme Bazin de Bezons ou Jean de Creil
appliquent avec un tel zèle ces mesures de rétorsion
que l'on verra des dépeuplements de quartiers entiers de
villes ou de corps professionnels comme à Blois, marquée
par le déclin brutal de l'industrie horlogère (tous
les horlogers font partie de la religion protestante réformée).
Gien est ruinée. On déplore dans la région
un exode de plus de 12000 émigrés.
Beaucoup
partiront en Suisse ou en Angleterre, d'autres choisiront les
terres nouvelles d'Amérique...
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