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'université
d'Orléans fait naître des industries nouvelles :
des papeteries à Meung-sur-Loire, des imprimeries à
Orléans, Tours, Angers. La vie dans les pays de Loire devient
propice au développement des arts et des lettres. L'initiation
aux langues anciennes, fait capital de notre renaissance qui fera
reculer l'obscurantisme antérieur, sera d'abord l'uvre
de maîtres étrangers qui viendront enseigner ici.
L'université
attire l'élite intellectuelle des humanistes et théologiens
du XVIe siècle. L'un de ses étudiants, Calvin,
aura peu d'efforts à faire pour donner essor à la
nouvelle doctrine réformatrice, dans une ville déjà
imprégnée d'humanisme et de luthéranisme.
Pour
y faire obstacle, le haut clergé catholique, composé
de prélats ou d'abbés courtisans ou politiques,
ne sera pas de taille. D'autant plus que nombre de curés
de campagnes de la région adoptent très vite les
idées nouvelles et entraînent avec eux leurs ouailles...
Diffusée par des prédicateurs venus le plus souvent
de Genève, la foi nouvelle se répand partout : en
Val, en Sologne, en Beauce, dans tous les milieux ; paysans, tanneurs,
orfèvres, juristes, tisserands, médecins, noblesse.
Les
Châtillon-Coligny, les ducs
de Chartres, et les Bourbon-Vendôme,
amis de Calvin, d'Agrippa d'Aubigné,
de Marot, donneront à ce mouvement
sa force politique, ses cadres et ses foyers de propagation. Très
vite, il y a tellement de protestants dans la région qu'il
est possible de les regrouper en églises confiées
à des pasteurs. On voit les premières à Orléans,
Blois, Chartres, Pithiviers, Montargis, Gien. Elles font tache
d'huile.
Déjà,
les premières frictions et violences se multiplient. L'horizon
s'obscurcit pour le ciel de Loire. A partir de 1545, les émeutes
se font violentes contre les calvinistes, prédicateurs
ou briseurs d'images, parfois massacreurs de curés, et
la violence répond à la violence.
En
1560, alors que se prépare la sanglante échauffourée
d'Amboise, François de Lorraine
(Duc de Guise, branche cadette de la maison de Lorraine) accuse
Orléans d'être au cur de la faction. Comme
au siècle précédent, la Loire va être
une ligne de front entre les deux communautés. C'est la
guerre civile... Pire, une guerre de religions !
Le
2 avril 1560, les huguenots s'emparent d'Orléans, puis
de l'arsenal et du château de Tours. Le 5 avril, ils pénètrent
dans le val à Saumur, Beaugency, Angers, Tours. Ils pillent
et incendient, sur leur passage, églises et maisons. Orléans,
aux mains des huguenots dès le début des incidents,
se voit de nouveau assiégée, mais cette fois par
d'autres français, les catholiques de la "Ligue", conduits
par le duc de Guise, qui sera assassiné
sur les rives du Loiret, près du bourg de Saint-Mesmin.
Un
peu plus tard, en 1568, c'est au tour de Blois de tomber aux mains
des réformés conduits par Condé.
C'est l'année des grandes fureurs iconoclastes et nombre
d'églises sont détruites, à la mine.
Quelques
années plus tard encore, les rapports de force ont changé
et en 1572, les massacres de la Saint-Barthélémy
feront à Orléans près de mille victimes huguenotes.
Devant
une telle horreur et sous le couvert d'une relative tolérance
nécessaire, le gouvernement du roi Henri III
va mettre en uvre une politique subtile de sape systématique
des bastions protestants.
Le
roi tient Chartres, Blois, Beaugency, Gien, et il laisse à
Henri de Guise (fils de François
de Lorraine, premier duc de Guise assassiné) le soin de
chasser les bandes de réformés étrangers
qui sont venues soutenir les insurgés locaux.
La
Ligue (mouvement catholique ultra) triomphe à Orléans,
Vendôme, Montargis. Fondée en 1576 pour défendre
la religion catholique face au calvinisme, elle vise, par contrecoup,
à renverser Henri III pour placer les Guise sur le trône
de France.
Mais la
reine-mère veille. La Médicis
a des espions partout et manuvre en coulisse.
On accusera Henri de Guise d'avoir poussé la reine Marie
de Médicis à organiser les massacres de la Saint-Barthélémy.
S'en défendant, il se dressera contre Henri III et, de
nouveau, un duc de Guise sera assassiné
par traîtrise, cette fois dans le château de Blois,
de multiples coups de dagues et sur l'ordre du roi en 1588.
Henri de Guise était un homme de haute stature, politiquement
mais aussi physiquement. Le roi voyant le corps de sa victime
allongé dira de lui : « Il est encore plus grand mort
que vivant ! »
C'est
un temps où l'on a la dague facile. Le roi pourra le vérifier
lui-même quelques mois plus tard à Saint-Cloud en
succombant à son tour sous les coups du moine dominicain
Jacques Clément.
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