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plus belles heures des pays de Loire commenceront vraiment avec
Louis XII et surtout François Ier.
La cour sera le lieu de rendez-vous de l'élite pensante.
Au début des années 1500, le gothique flamboie de
ses plus beaux feux. Les architectes font surgir les plus parfaits
de nos châteaux de style "flamboyant". Ils élèvent
à Amboise, sur le front de Loire, le superbe "logis du
roi", au bord de la terrasse la chapelle Saint-Hubert, à
Blois ils érigent l'aile Louis XII et ses hauts toits,
ses lucarnes, ses escaliers à vis. Peu à peu, l'italianisme
vient se glisser dans l'art médiéval.
Louis
XII rentre d'une campagne en Italie avec, dans ses bagages, de
véritables trésors artistiques : cabinets rares,
faïences, toiles de maîtres dont, déjà,
certaines de Vinci.
Dès
1503, on pose à Blois l'une des toutes premières
fontaines italiennes. L'italianisme devient une mode. Toute la
vallée de la Loire se transforme en un immense chantier
où l'art avenant des demeures royales fait montre pour
la première fois, à Blois et surtout à Chambord,
d'une esthétique nouvelle qu'on appellera bientôt
la "Renaissance". Preuve qu'on n'avait pas encore oublié
la mortelle période antérieure.
De
retour d'Italie, François Ier ramène Léonard
de Vinci lui-même. Il l'installe au Clos-Lucé, près
de son château d'Amboise, pour l'avoir toujours à
ses côtés. Léonard n'est pas seulement un
grand artiste, il est aussi un ingénieur de talent, un
inventeur de génie, il s'intéresse à l'architecture,
à la mécanique, à la médecine, bref,
à tout, et la protection de François va lui permettre
de réaliser dans la sécurité pécuniaire
ses projets les plus avant-gardistes. Il fera aussi des plans
d'aménagement concernant les travaux entrepris aux châteaux
de Chambord, ou Romorantin.
Beaucoup
de bourgeois enrichis par leur réussite, ou ayant accédé
aux plus hautes fonctions de l'état (les deux choses n'étant
pas obligatoirement liées), ou par leurs relations d'affaires,
font construire à leur tour des demeures magnifiques.
En
1515, un général des finances, Thomas Bohier,
construit sur le Cher l'admirable château de Chenonceaux,
que leur fils offrira à François pour apaiser la
vindicte du monarque à l'égard des finances.
Sur
la rive droite de l'Indre, Gilles Berthelot,
le fortuné maire de Tours et trésorier de France
confie au maître d'uvre Etienne Roussel
le soin d'édifier, dans un décor d'eaux-vives et
de verdure, la petite merveille d'Azay-le-rideau.
Florimont Robertet, familier du roi, érige
Bury.
Jean Le Breton, secrétaire
de François Ier entreprend les travaux de Villandry.
On
voit fleurir la poésie de Pierre Belon,
René Belleau, ou de Ronsart
au château de Talcy.
François
Rabelais, à Chinon, écrira
ses histoires fabuleuses de géants boulimiques, Gargantua
et Pantagruel.
Le
XVIe siècle s'ouvre sous d'heureux auspices. Désormais,
la Loire royale coule ses eaux à travers des régions
en pleine prospérité. Aussi, son aménagement
est plus méthodiquement entrepris : la communauté
des bateliers obtient le droit de lever une taxe afin de financer
les travaux. Un personnel spécial est commis à la
construction et à l'entretien des digues et levées.
On assainit la Sologne en construisant un canal sur la vallée
de la Sauldre. En Val de Loire, on développe des pépinières
et des vignobles.
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