LA COMMUNICATION
MEDIEVALE
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Table n° 21
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Thème lancé
par François AVOT
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INTRO
Proposition reçue de François
Avot le 29 Oct 1998, 16:04
Le sujet auquel je m'intéresse
et que je me permets de vous soumettre est l'ensemble de ce qui
peut concerner la communication au moyen-âge. (communication
écrite, orale avec les troubadours, artistique ou autre si vous
avez des idées.)
f.avot@ircom-asso.com
Message
de Jacky Minier le 29 Oct 1998, 23:30
Vaste sujet très intéressant
que vous souhaitez aborder là.
Il peut en effet se décomposer entre plusieurs types de communication
:
- Celui de l'apprentissage et de la transmission des savoirs ancestraux.
- Celui de la communication à distance entre villages ou
entre provinces, comprenant les sous-rubriques "messageries"
(privées ou militaires) et "transports".
- Celui de l'information publique allant du "héraut"
battant tambour ou sonnant trompettes au "colporteur"
attendu de village en village, en passant par l'information répandue
du haut des chaires des églises paroissiales...
Sans doute encore bien d'autres
moyens de communication étaient en vigueur, aux premiers
plans desquels évidemment l'héraldique,
et les pigeons voyageurs.
Je sais que bien avant le moyen-âge,
les gaulois communiquaient depuis des plates-formes
(tiens, c'est comme nous ! ;-) au moyen de signaux de fumée,
très comparable à la manière indienne.
Certains moulins de Vendée
ont servi plus tard (aux Chouans pendant la guerre contre les bleus)
de signaux visibles de très loin. Mais on peut penser que
leurs ancêtres n'étaient pas plus bêtes et les
utilisaient déjà.
Pour ce qui est de la Communication
artistique, il semblerait qu'assez peu d'ouvrages traitent de ce
sujet au moyen-âge.
La profession de saltimbanque était à cette époque
très mal vue (elle était même excommuniée
si mes souvenirs sont bons...) et jusqu'au XVe siècle, rares
sont les pièces ou chansons transmises autrement qu'oralement,
mis à part les classiques "gestes" codifiés
et probablement écrits par des moines. D'ailleurs, il n'y
avait guère que les moines (ou les défroqués)
pour savoir écrire.
Si d'autres visiteurs ont des renseignements
plus précis, qu'ils n'hésitent pas à nous en
faire la COMMUNICATION ici ! ;-)
Jacky Minier
Reçu
le 22/02/99 à 22:02 de orlegene@cybercable.fr
Généalogiste, j'ai pu constater
que les familles "royales" ont marié leurs enfants dans toute l'Europe,
et je pose la question de savoir comment les époux communiquaient
ils entre eux ?
Le langage "gestuel" n'était
probablement pas le seul. Si la plupart de ces familles ont une
origine que nous qualifierons de germanique. Comment les premiers
rois d'Irlande ont-ils pu communiquer avec les latins ?
Merci d'éclairer ma lanterne.
orlegene@cybercable.fr
On sait qu'il existait une langue celte bien avant l'arrivée
des romains.
Que cette langue celte, bien que variée de plusieurs dialectes
locaux, était tout de même assez homogène d'un
bout à l'autre de l'empire celte. Ce qui suppose non seulement
les Gaules, mais également les Îles Britanniques, dont
l'Irlande, où se réfugièrent de nombreux druides
lors de leur exil forcé à partir de l'empereur Claude.
On peut penser que les Iles Britanniques (dont une bonne part fut
également occupée par les romains avant que d'être
évangélisée par St Augustin et d'autres) avaient
suffisamment de vocables communs avec la Gaule, même sans
tenir compte du latin. Si des moines comme Augustin ont porté
la "bonne parole" aux Brittons d'Angleterre, ils ne l'ont
pas fait en latin que seuls les élites connaissaient. On
doit donc penser qu'un "fond commun" de langage existait
entre tous ces peuples, et qu'il n'était pas systématiquement
nécessaire d'utiliser les services d'un interprète..
Quand ça ne suffisait pas, on parlait le grec que de nombreux
druides connaissaient bien avant le latin.
Vous faites allusion aux mariages entre familles royales germaniques.
Vous pensez sans doute aux Francs, Burgondes, Wisigoths, etc. L'arrivée
des germanophones se situe à partir des IIIe et IVe siècles,
et leur culture s'est en fait assez peu fondue dans le paysage au
plan linguistique, puisque après Clovis encore, des lois
différentes étaient appliquées en Justice selon
l'appartenance du coupable à une communauté ou une
autre. Pour qu'il exista ce genre de différenciation, il
fallait qu'il y eut de véritables clivages dans les moeurs
et la culture entre populations vivant sur un même territoire,
mélangées mais pas homogènes.
Ce qui soude une nation, c'est son langage commun, mais ce qui fait
sa richesse c'est d'en avoir plusieurs. Prenez l'exemple du Liban
ou du Maghreb, français pendant 100 ans, où
le français est encore "langue officielle" et est
donc resté celle de l'élite même après
trente ans d'indépendance. Mais le peuple lui, parle plusieurs
autres langues, les siennes ! Y compris le Berbère (=barbare,
=étranger) des Kabyles, qui lui remonte aux Wisigoths.
Plusieurs langues communautaires avaient cours en même temps
dans chacun de nos pays de la même manière qu'au Maghreb
pendant la colonisation. Chose assez difficile à entendre
pour nous aujourd'hui : D'une certaine manière, nous nous
sommes tous appauvris depuis qu'on ne parle plus que le français...
Voilà un bon moment que ce site était en sommeil. Le revoili le revoilou en ligne ! Est-ce que les années comptent ? Bah ! l'histoire a tout son temps n'est-ce pas ? N'hésitez pas à relancer la discussion.
Webmestre : Jacky
Minier
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