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L'Eglise Catholique triomphante a recouvert depuis le
IVe siècle la plupart des anciens sites celtiques. Dès leur
arrivée en Gaules, les premiers évêques ont délibérément
construit des églises et des chapelles sur les lieux de culte préexistants,
dressé des croix sur les menhirs et les dolmens, et maquillé
les dates cérémonielles des calendriers païens sous
des fêtes de saints plus suspectes les unes que les autres... C'est
ainsi depuis toujours, une civilisation en recouvre une autre, non seulement
sur ses installations civiles (cités, lois, etc.) mais aussi lui
substitue ses propres symboles.
Pourtant, il est des croyances qui résistent très
longtemps, et d'autres qui ressurgissent quand on les attend le moins...
Les "Vierges Noires" ancrées dans les traditions populaires
sont de celles là.
Eliminées, enterrées durant des centaines d'années,
elles ressurgissent du XIIe au XVe siècle partout en France et
même encore ici ou là de nos jours. Il se trouve que la plupart
du temps, ces réapparitions de "vierges noires" très
celtiques dans les lieux très catholiques s'accompagnent de phénomènes
liés à l'eau, et l'Eau se trouve au fond des puits celtiques
et des sources qui sillonnent (jalonnent ?) le sous-sol de nombreux monuments
religieux... Et ce n'est pas un phénomène qui touche seulement
la Chrétienté ni l'Europe occidentale ! d'autres religions,
d'autres pays, ont leurs "vierges noires" et leurs sources miraculeuses...
D'où vient cette propension païenne à
vénérer l'Eau et la Terre-Mère ? De quel atavisme
avons nous hérité cette mystique quasi "écolo",
pour employer un mot à la mode, traversant les époques et
émergeant toujours des couches culturelles successives ?
J.M.
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